Le procès Buguet

Edouard Isidore Buguet (1840-1901) est un photographe. Après la période de la commune, il s’installe à Paris dans le quartier de Montmartre afin d’y photographier des spectres. De formation, Buguet est photographe, mais l’un de ses amis acteur, Scipion va lui montrer des photographies spirites et le pousser à en réaliser. Parallèlement, le mouvement spirite à la mort d’Allan Kardec est en perte de vitesse et afin de raviver la conviction les dirigeants du mouvement souhaitent allier cette croyance à la science. Ainsi, on va faire des recherches sur l’appareil photographique et son utilisation. C’est en 1871, que les spirites réclament « qu’un spirite se fasse photographe ou bien qu’un photographe se fasse spirite ». Le nom de Buguet va être cité et on va commencer à lui consacrer des articles dans la revue spirite, on va imprimer ses photographie et on exhorte les fidèles à aller se faire photographier chez lui. Son activité se développe et marche très bien. Il réserve ses matinées à des portraits classiques, et les après-midis à des portraits spirites. Il reçoit chaque mois cinquante photos spirites à faire.

Très vite, la fraude va être soupçonnée. A partir de 1874 Buguet est surveillé par la préfecture de police et essentiellement un homme, Guillaume Lombard. Le 22 avril 1875, Lombard se présente anonymement chez Buguet pour lui demander une photographie spirite et le prendre en flagrant délit, il l’arrête.

Les 16 et 17 juillet 1875, Buguet est jugé pour escroquerie ainsi que le chef de la revue spirite. Dès son arrestation, Buguet avoue qu’il n’a pas de pouvoirs. Le procès fait beaucoup de bruits et à l’étranger également.

En France, il y aura trois regroupements d’intérêts dans le procès de Buguet: le ministère public avec les anti-spirites; les partisans du spiritisme et le photographe Buguet.

Durant le procès ce sera la question de la croyance et de la persuasion qui sera au cœur des débats. Chaque parties a une argumentation par rapport a cette stratégie de la persuasion:

  • Pour le ministère public, l’enjeu est de combattre la doctrine spirite comme force politique et religieuse. Le procureur va refuser la croyance en ces photos spirites.
  • Le photographe avoue la supercherie et va saper toutes croyances possibles. Il dit : «Je ne suis ni spirite, ni médium, j’ai juste des « trucs » d’une grande simplicité ».
  • Les partisans du spiritisme, avec en tête Leymarie le successeur de Kardec, se défendent en dissociant Buguet de leur propre activité et se disent avoir été trompé par Buguet et prétendent que Buguet est manipulé par le ministère public afin d’éviter de rallier encore plus de spirites.

Le procès va s’étendre car beaucoup de personnes photographiées vont prétendre reconnaître les fantômes sur leurs portraits car n’admettent pas avoir été escroqués.

Buguet va finalement changer d’activité et se déclare alors « prestidigitateur/photographe et possède par la suite des séries de portraits qui n’ont plus la même destinée.

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Classé dans Les grandes figures du Spiritisme

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